Formation des jeunes sinistrés

Port-au-Prince / Haïti

La formation professionnelle, une réponse durable aux difficultés des jeunes après le séisme de 2010. Un métier utile, adapté, intéressant: les filières proposées par l’Enam, partenaire de Terre des Hommes Suisse, offrent aux jeunes des perspectives d’avenir.

Le tremblement de terre qui a détruit en grande partie Port-au-Prince en janvier 2010 a encore aggravé la situation des enfants et des jeunes. Certains se trouvent toujours dans des abris provisoires, encore plus vulnérables, en particulier les filles: les mois de campement, la promiscuité, la dispersion des familles ont favorisé les violences sexuelles et les abus. Elles doivent être particulièrement protégées.
L’avenir des jeunes de milieux défavorisés est presque sans espoir en Haïti. Une formation professionnelle leur donne des perspectives d’avenir; ce nouveau modèle de formation est adapté à la réalité actuelle du pays.

L'action de Terre des Hommes Suisse

Terre des Hommes Suisse et ses partenaires ont mis en place un projet de formation professionnelle en collaboration avec l’Ecole Nationale des Arts et Métiers. Les jeunes sont choisis via les différents partenaires soutenus de longue date par Terre des Hommes Suisse. Parmi eux, de nombreuses jeunes filles sinistrées suite au séisme.

Les élèves sont très motivés et apprécient la chance qui leur est offerte. Plusieurs filières de formation (petite plomberie, carrelage, électricité, travaux du bois (ébénisterie d’intérieur), hôtellerie/restauration, soudure (ferronnerie) et carrosserie) sont proposées aux quelque 400 jeunes sélectionnés.
L’Enam est reconnue pour son sérieux et la rigueur de ses formations, il s’agit d’une des meilleures écoles de ce type en Haïti qui bénéficie de la reconnaissance de l’Etat. Dirigée par l'ordre des Salésiens, elle se trouve à l’orée de Cité Soleil, le plus grand bidonville de Port-au-Prince, où s'agglutinent 350’000 à 400’000 habitants.

La première volée de jeunes ont obtenu leur certificat d'aptitude professionnelle (CAP). Les filières ont été réfléchies en fonction des envies des jeunes et des besoins du pays. Un suivi individuel est mis en place.

Comme en témoigne le sociologue haïtien Ely Thélo: «On doit non seulement créer du travail, mais du travail décent. La formation professionnelle entre dans ce cadre. On ne peut construire un pays par l’assistance. Elle aide un moment, mais ensuite il faut rendre sa dignité à la personne en s’assurant que son pain quotidien, elle le gagne, et que son poisson de tous les jours, on ne le lui donne pas!».

Ces filières d'apprentissage bien construites sont autant de chances pour les jeunes de voir leur horizon s'éclaircir.