Traite juvénile au Pérou

Quand les centres d’aide deviennent des prisons.
30 Janvier 2017

Au Pérou, les jeunes et principalement les jeunes femmes sont les premières victimes de la traite, l’exploitation et la prostitution. L’Etat péruvien, en collaboration avec des ONG péruviennes dont notamment Yanapanakusun, partenaire de Terre des Hommes Suisse, a tenté de créer des centres appelés CAR (Centros de Atencion y Recogida) destinés à protéger les victimes de la traite juvénile pendant le processus judiciaire et à leur apporter un soutien et un suivi psychologique ainsi qu’un accès à l’éducation. L’objectif: les aider à se reconstruire.

Malheureusement, les scandales et sombres récits ne cessent de se répéter et ce que subissent les jeunes filles dans ces centres relèvent de la honte. Harcèlement, contact coupé avec leurs familles, violences physiques et morales… Ces centres censés protéger les victimes deviennent alors une véritable prison, un lieu où après les souffrances passées, elles sont privées de leur liberté. De graves manquements aux droits de l’enfant ont été observés ces derniers mois et Terre des Hommes Suisse a lancé une évaluation de ces centres et présenté un rapport au Congrès péruvien.

Lizeth Vergaray Arevalo, coordinatrice nationale de Terre des Hommes Suisse au Pérou, s’est donc rendue au Congrès pour présenter le document. Le rapport a créé une onde de choc avec une couverture médiatique très importante au niveau national. En effet, dans la même semaine, une jeune fille s’est suicidée dans un CAR, renforçant encore un peu plus la prise de conscience des politiques et des médias sur cette thématique. Témoignages, manifestations, enquêtes, mobilisation sur les réseaux sociaux (#Notedejesenganar #NiUnSuicidioMasEnLosCAR), le Pérou prend conscience de la gravité de la situation et un plan d’urgence va être mis en place pour rétablir les droits des enfants, des jeunes et surtout le droit de tous à la liberté, la justice et la dignité.

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Par Charlotte Pianeta