Agroécologie et sécurité alimentaire

Camamu / Brésil

Petits agriculteurs au Brésil: comment atteindre la sécurité alimentaire en préservant l’environnement?

La commune agricole de Camamu, sur le littoral atlantique du Brésil, se situe dans la province de Bahia, dans un écosystème très fragile formé de forêts humides et de mangroves. Cette région tropicale productrice de cacao et d’hévéa a été dévastée dans les années 80 par un champignon appelé «balai de sorcière». Les grands propriétaires de la monoculture de cacao ont été ruinés et leur faillite a poussé les ouvriers agricoles vers les régions urbaines, dans les bidonvilles.

L'action de Terre des Hommes Suisse

Les programmes brésiliens de réforme agraire ont permis à d’anciens ouvriers agricoles d’accéder à leur propre lopin de terre. Depuis 1997, le Serviçio de Assessoria a Organizaçoes Populares Rurais (Sasop), partenaire de Terre des Hommes Suisse, contribue au développement rural en soutenant les organisations d’agriculteurs. Pour accompagner la démarche de ces ex-paysans sans terre, l’appui technique du Sasop est très important. Les expériences réussies sont diffusées dans la région à travers des échanges, des rencontres et des publications. Le Sasop lutte également pour que les agriculteurs et leurs organisations conquièrent et renforcent leurs droits citoyens et que leurs relations de genre et de génération soient plus justes.

Le programme met l’accent sur la promotion de l’agro-écologie, ainsi que sur le rôle des femmes qui sont sollicitées entre autres pour la gestion du revenu familial.
Il appuie les familles et les communautés dans leurs démarches pour obtenir des contrats de vente de leur production au Programme National d’Acquisition d’Aliments (achats publics d’aliments locaux produits par des exploitations familiales), un outil de développement local qui garantit des revenus aux familles paysannes. Des méthodes de conservation de la forêt tropicale sont appliquées, et des plantes médicinales sont cultivées localement.

Selon le diagnostic du Sasop, il manque des protéines animales dans l’alimentation des communautés, c’est pourquoi des fonds rotatifs sont proposés pour favoriser le développement d’activités dans l’élevage de poulets, de chèvres et la pisciculture. Grâce à ces fonds, des jeunes peuvent se lancer dans l’apiculture, des femmes participent aux formations citoyennes et aux expérimentations agro-écologiques. Une dynamique se construit autour de la conquête des droits et de l’accès aux politiques publiques, et un collectif de parents participe à l’implantation d’une nouvelle école agricole à Camamu.

L’intérêt de ce programme est son grand potentiel de réplication et d’autonomisation.