Droits des employées domestiques

La Paz / Bolivie

«Je suis une domestique, j’ai ma fierté et ma dignité, que tu m’appelles employée, j’en suis maintenant fatiguée, et tout ceci va changer»: c’est le refrain d’une chanson scandée par des femmes domestiques sur Radio Deseo.

De nombreuses femmes de la campagne émigrent en ville, où elles se retrouvent victimes de nombreuses discriminations; on les traite comme des moins que rien.

En Amérique latine, il est d’usage, dans les classes moyennes, d’avoir une domestique à demeure. Ce personnel corvéable à merci est souvent très mal payé. A La Paz, capitale économique de la Bolivie, les employées domestiques sont des femmes et des jeunes filles indiennes, parfois âgées de 12 ans seulement.
La lutte pour la dignité anime les membres de l’ONG Mujeres creando. Etre employée domestique, oui, avec fierté et dignité!

L'action de Terre des Hommes Suisse

Le programme de Mujeres creando est soutenu par Terre des Hommes Suisse depuis 2009. Cette année-là, un programme de radio a été créé, avec une émission quotidienne animée par les femmes domestiques elles-mêmes. Elles se sont formées non seulement à la technique de la radio, à l’enquête journalistique, à Internet, mais aussi tout simplement aux bases de la lecture.

Le programme a trois objectifs: d’abord, faire connaître et appliquer la loi de 2003 régissant le travail domestique, peu respectée par les employeurs et peu contrôlée par les autorités. Pour cela, l’association collabore avec les syndicats, les autorités et les institutions internationales. Elle mène régulièrement des enquêtes sur le terrain.

Deuxième objectif: sortir de leur isolement les femmes employées domestiques, qui sont souvent cantonnées sur leur lieu de travail, sans connaissance de leurs droits, et qui n’ont dans le meilleur des cas qu’un jour de congé par semaine. Ce travail est mené avec le concours de 4 syndicats de femmes domestiques de La Paz qui regroupent 3800 femmes. Des ateliers mensuels permettent aux femmes d’explorer les modes de prévention et de dénonciation de l’exploitation dont elles sont victimes. Ce travail est repris et amplifié par elles-mêmes au travers d’un programme quotidien d’une heure sur Radio Deseo: information sur les droits des travailleuses et les syndicats, dénonciation des abus, etc.

Enfin, le troisième objectif du programme est d’enquêter auprès des agences de placement afin de repérer et dénoncer les plateformes de trafic vers les réseaux de prostitution que constituent certaines d’entre elles.

Maintenant, tout cela va changer… une chanson à la radio, une réalité bientôt!