Lutte contre la migration à risque et protection des enfants

Bengale occidental, Raiganj / Inde

Pour que les enfants ne deviennent pas des esclaves, le partenaire de Terre des Hommes Suisse travaille dans les villages où les trafiquants captent leurs victimes. Le projet comprend la sensibilisation des jeunes et l'amélioration des conditions de vie sur place.

Le Bengale Occidental est l'un des Etats les plus peuplés et les plus pauvres de l'Inde. Le district d'Uttar Dinajpur est à majorité rurale. Le manque d'infrastructures, une distribution des terres inégale, des pratiques de culture peu productives et des débouchés économiques inexistants poussent les villageois à migrer. Or la clandestinité de la migration profite aux trafiquants, qui profitent de la vulnérabilité des enfants pour s'emparer d'eux et les exploiter dans la prostitution, l'esclavage ou la vente d'organes. Smokus, partenaire de Terre des Hommes Suisse, lutte contre ce phénomène par un travail à la source même du problème, là où les trafiquants s’emparent de leurs victimes.

L'action de Terre des Hommes Suisse

Ce projet se base sur une étude menée par Shripur Mahila-O-Khadi Unnayan Samity (Smokus) en 2010 qui a révélé la nécessité d'apporter des solutions concrètes au phénomène de la traite des enfants.

La stratégie de mise en oeuvre se déploie en quatre volets: il faut tout d'abord développer un système de surveillance communautaire, véritable filet de sécurité face aux trafiquants. La création de tels comités a démontré son efficacité dans une autre région de l'Inde où Terre des Hommes Suisse a soutenu un programme contre la traite d'enfants. Pour prévenir la migration, Smokus se donne aussi pour tâche de trouver des alternatives qui permettent de générer un revenu additionnel. Avec une meilleure sécurité alimentaire, les risques de voir les enfants migrer diminuent.

Le deuxième volet concerne l'amélioration de la prise en charge des enfants. Les infrastructures publiques insuffisantes des campagnes reculées de l'Uttar Dinajpur peinent à assurer l'instruction des enfants, ce qui tend à les rendre plus crédules et inconscients des dangers qu'ils encourent lorsqu'ils migrent. Smokus a donc décidé de mettre en place des centres d'éducation destinés à des jeunes de 8 à 14 ans dans quatre localités.

Par son troisième volet, le projet améliore les connaissances sur le mode de fonctionnement du gouvernement local. En effet, il est indispensable de connaître les institutions et les programmes gouvernementaux pour se battre pour ses droits!

Enfin, le projet renforce les groupes de pression et les réseaux au niveau local pour que la lutte contre la traite des enfants soit mise à l'ordre du jour des autorités locales.

Désormais informés, les groupes villageois peuvent faire pression sur les gouvernements locaux et régionaux pour la mise en œuvre effective des programmes d'aide gouvernementale afin d'améliorer les conditions de vie. Des rencontres entre différentes ONG et réseaux d'ONG sont organisées, au cours desquelles un plan d'action sur la prévention de la traite d'enfants et de la migration à risque est préparé, avec des mesures pour venir en aide aux victimes et les réhabiliter, et des moyens de pression pour prévenir les cas de traite d'enfants.

Il y a chaque jour plus d'enfants protégés contre la traite à des fins d'exploitation de la main-d'œuvre, de la prostitution ou de la vente d'organes.