Soutien aux enfants dans les Andes

San José de Quero et Yanacancha / Pérou

Nutrition, hygiène et participation des femmes pour garantir les droits des enfants.

Au Pérou, dans les régions andines, 95 % de la population vit de l’élevage (moutons, bovins, lamas, alpagas). En complément, elle pratique l’agriculture, dans  des conditions climatiques difficiles,  en raison du froid et de l’insuffisance de pluie.

Le manque de ressources chronique et le bas niveau de scolarisation des communautés des hauts plateaux, en particulier des femmes, a des conséquences directes sur la santé des plus jeunes.  Les troubles respiratoires et les diarrhées sont fréquents.

Dans ces sociétés traditionnelles, les familles comptent généralement quatre à cinq enfants et les inégalités hommes-femmes perdurent. Dans la sphère privée, les femmes sont le plus souvent dépendantes de leurs époux et peinent à exercer leurs droits. Elles sont aussi faiblement représentées dans les pouvoirs publics.

L'action de Terre des Hommes Suisse

Pour changer cette situation, Terre des Hommes Suisse s’est alliée à Mujer Andina, une coopérative laitière créée par des femmes, qui connaît un vif succès parmi les villageoises. Ensemble, elles s’activent pour augmenter leurs revenus et promouvoir leurs droits, afin d’améliorer les conditions de vie et la santé de leurs enfants.

En effet, dans de nombreux pays d’Amérique latine, les coopératives agricoles ont prouvé leur efficacité dans la promotion du progrès socio-économique des communautés rurales.

Le projet vise trois objectifs principaux:

  1. Augmenter les revenus des familles
    Dans la région, les éleveurs dépendent essentiellement de la vente de lait frais pour vivre. La production de lait diminue durant les saisons sèches, lorsqu’il y a moins d’herbe à paître pour les animaux, empêchant les familles de subvenir correctement aux besoins de leurs enfants.

    Afin d’augmenter le revenu des éleveurs, la coopérative forme ses membres à la fabrication de produits laitiers dérivés (yaourts et fromages). Ceux-ci peuvent être vendus sur le marché local à des prix plus élevés que le lait seul.

    Mujer Andina propose aussi de développer d’autres activités agricoles, comme l’élevage de volailles et de cochons d’Inde, ou la culture de céréales et légumes locaux: pomme de terre,  haricots, orge, etc.

    Ces initiatives assurent rapidement un revenu additionnel aux familles, tout en leur permettant de mettre en place des stratégies pour augmenter la productivité de leur bétail sur le long terme.

  2. Améliorer l’alimentation et la santé des enfants
    Une nutrition adéquate et une bonne hygiène sont les garants de la santé des enfants. Le projet incite les familles à adopter des pratiques plus saines au niveau de la préparation des aliments (lavage des mains, alimentation variée grâce à la diversification de l’agriculture), ainsi que de l’hygiène corporelle et dentaire.

  3. Diminuer la violence et promouvoir l’égalité hommes-femmes
    Dans cette région andine, les violences au sein des familles, notamment contre les enfants, sont encore fortement ancrées dans la culture locale. Un travail de fond est donc mené pour permettre l’abandon de certaines pratiques éducatives violentes, tant physiques que psychologiques, au profit d’une approche qui respecte les droits des enfants.

    Les femmes membres de la coopérative deviennent également des actrices à part entière au sein de leur communauté et de leur famille. Grâce à leur nouveau rôle économique et à la connaissance de leurs droits, elles ont une meilleure estime d’elles-mêmes et peuvent contribuer à rendre les relations hommes-femmes plus égalitaires.

Changer des pratiques très enracinées, (sociales, culturelles, alimentaires) nécessite du temps, mais surtout une grande confiance entre les instigateurs du projet et ses bénéficiaires. Mujer Andina permet de générer ce changement en profondeur et de façon durable, au bénéfice des enfants de la région.