Prévention des risques liés à l'orpaillage

Province du Sanmatenga et du Namentenga / Burkina Faso

Terre des Hommes Suisse cherche à réduire les effets négatifs de l'orpaillage sur la scolarisation des enfants grâce à une approche intégrée, qui allie prévention du travail des enfants dans les mines d’or, réhabilitation des jeunes travailleurs et plaidoyer auprès de tous les acteurs concernés.

Au Burkina Faso, où 80% de la population dépend de l'agriculture pour vivre, les pluies deviennent de plus en plus irrégulières et les récoltes ne suffisent souvent pas à couvrir les besoins en nourriture. Cette situation, liée à une pauvreté endémique, contraint de nombreuses familles à rechercher des sources de revenu complémentaires.

Depuis quelques années, l’exploitation minière aurifère prend de l’importance dans le pays, provoquant une véritable ruée vers l’or! Ainsi, de nombreuses mines artisanales se développent suite à la découverte fortuite de filons d’or, et disparaissent dès que ceux-ci sont épuisés.

Pour les personnes qui y travaillent, dont plus d'un tiers sont des enfants, ces mines représentent l'espoir d'un avenir meilleur, mais le rêve se transforme rarement en réalité: les conditions de travail inhumaines, le manque complet de mesures de sécurité, la présence de produits dangereux et de poussières toxiques, l'usage répandu de drogues, d'alcool frelaté, la prostitution et le manque d'hygiène portent rapidement de graves atteintes à la santé.

Un autre phénomène problématique est l’abandon scolaire. En effet, lorsqu'un site minier s'instalel près de leur village, de nombreux enfants abandonnent l’école pour y travailler. La plupart ne retournent ensuite pas en classe, n’arrivant pas à combler le retard pris, ou raillés par leurs camarades travaillant dans les mines, persuadés que «le Bic ne peut pas les nourrir».

L'action de Terre des Hommes Suisse

Par un travail coordonné, trois partenaires burkinabé de Terre des Hommes Suisse interviennent sur plusieurs plans afin d'éviter que les enfants ne désertent l’école pour aller travailler dans les mines, au détriment de leur développement physique, psychologique et intellectuel.

Pour mener à bien leur action sur le terrain, les trois organisations partenaires développent des synergies et mutualisent leurs compétences.

  1. Prévention du travail des enfants dans les mines
    Dans le cadre des villages, les partenaires de Terre des Hommes Suisse s’appuient sur la tradition orale africaine pour sensibiliser les communautés aux risques encourus par les enfants dans les mines d’or. Ils organisent des «causeries» (groupes de parole), des forums de discussion et des pièces de théâtre, afin de faire passer le message et ouvrir des espaces de dialogue pour les habitants des villages, petits et grands. Objectif: les enfants ne devraient fréquenter qu’une seule «mine d’or», l’école.

  2. Réhabilitation des enfants et des jeunes occupés dans l’extraction aurifère
    L’abandon scolaire provoqué par la «ruée vers l’or» affaiblit encore plus les compétences précaires en lecture et en écriture des communautés paysannes. Mais malgré la rudesse des conditions de travail, l’espoir de faire fortune grâce à l’extraction de l’or est si fort qu’il n’est pas facile de convaincre les enfants de renoncer aux mines pour aller à l’école.

    Les partenaires de Terre des Hommes Suisse collaborent donc avec les familles, en soutenant celles qui s’engagent dans la réinsertion scolaire de leurs enfants.

    Ils proposent aussi aux plus âgés de débuter une activité génératrice de revenus (élevage de volaille, artisanat), comme alternative à l’orpaillage.

  3. Plaidoyer pour les droits de l’enfant
    «Il faut tout un village pour élever un enfant», dit un proverbe africain. Il faut également tout un village pour le protéger : en parallèle au travail de sensibilisation, Terre des Hommes Suisse contribue à développer des systèmes de protection des enfants par la communauté pour éviter que ceux-ci ne soient attirés par l'argent facile.

    Elle a également amorcé des actions de plaidoyer auprès des différents acteurs (Etat, ONG, secteur privé) qui luttent contre le travail des enfants sur les sites miniers.

Cette approche intégrée est la plus indiquée pour résoudre les problèmes liés à l’utilisation d’enfants dans l’orpaillage, une des pires formes de travail des enfants.